4 janvier 2015

Que votre année soit belle

En vrac mais du fond du coeur... 

En 2013, j’ai fait la révolution. J’ai coupé des ponts, mes cheveux aussi même si je n’aurai probablement pas dû puisque ça n’a pas plu mais j’ai appris que j’en étais capable.

En 2013, j’avais déjà une montagne de tendresse pour mes abonnés twitter. Ceux qui étaient là quand dans la vraie vie, les mots « à l’aide » n’arrivaient pas à passer mes lèvres. Il y a eu Lulla, Wendy et Emm qui tout en douceur ont su trouver les mots pour mettre ma révolution en marche.

Il y a eu Biche à travers qui j’ai découvert un petit bout de la kiné que je voulais être et qu’un petit bout de femme pouvait avoir un sacré caractère et tout déchirer pour soutenir les autres.  

Et puis tant d’autres, que j’ai eu la joie et l’immense fierté de rencontrer en vrai, ceux qui ont un éditeur dont on peut acheter le livre(!), eux mais aussi tous les autres, avec leur cœur en or et leur médecine qui me ressemble.

En 2014,  j’ai pris la résolution de chambouler aussi ma vie professionnelle. J’avais pris un tel risque dans ma vie privée, que rien ne devait me faire plus peur à présent. Bien m’en a pris. J’ai quitté un navire qui prenait l’eau mais qui visiblement n’avait aucune envie de m’aider à écoper. Ou alors, fort de décisions administratives farfelues, se plaisait à écoper dans le mauvais sens.

Je me suis juré, cette fois, de visiter plein de cabinets avant de choisir. Pour bien choisir. Puis je suis tombée amoureuse du premier et j’ai signé. Sans jamais regretter.  

Je me suis dit que j’avais muri et comme j’étais une grande fille, je n’avais plus rien à craindre de l’URSSAF. Ils m’ont fait pleurer avant même que je ne me sois officiellement installée.

Ils m’ont aussi officiellement convoquée au tribunal un premier avril (oui, oui) pour une affaire RESOLUE en 2012 (oui, oui, oui), je n’y suis pas allée, j’ai quand même envoyé un courrier pour lequel je n’ai aucune nouvelle à ce jour, ni de l’audience d’ailleurs.

Leurs premiers mots doux, six mois après, commençaient par « mise » et finissait par « demeure ». Mes mots à moi furent aussi tendres « voilà vos sous mais sans majorations parce que je n’ai rien fait de mal ». C’était en Août. Ils ont pris les sous et n’ont pas reparlé des majorations. Ne m’ont pas parlé du tout d’ailleurs. A quoi ça sert d’écrire si personne ne vous répond ?

Parce que c’est bien joli mais pendant ce temps, moi avec ses parents et la maîtresse j’essaye d’apprendre au môme que répondre quand on vous parle, c’est la moindre des choses lorsque qu’on est poli et bien éduqué. Aheum.

En 2014, j’ai appris qu’on pouvait courir un marathon après 180km de vélo et 4km de nage et ressembler trait pour trait à un humain normal et que ce n’était pas trop mon truc de soigner ces gens-là moi qui court à peine deux heures par an…

J’ai appris que vouloir faire du soin palliatif/compliqué/grave(issime) à domicile c’est noble. C’est chic à dire. Ça fait adulte. Mais même adulte bordel que c’est dur de sentir les larmes monter devant un patient en détresse à qui on ne pourra pas dire « ne vous inquiétez pas ça ira ». Pleurer dans la voiture en sortant, ça laisse des trainées de mascara sur les joues et les yeux rouges et quand le patient d’après, tout aussi mourant que le précédent essaie de vous mettre du baume au cœur, ça fait encore plus mal.

En 2014, J’ai appris qu’on pouvait dire en toute impunité à un fonctionnaire de l’état en arrêt depuis longtemps que suite à un dysfonctionnement, sa demi-paye ne serait pas versée ce mois-ci mais le mois suivant. Et que ça n’est pas censé nous empêcher de vivre.

Du coup parfois, grâce à l’état, un paquet de chips à 0,99€ pouvait nous aider à sauter un repas. C’est pratique en fait, ça fait deux fois moins de travail en cuisine, de vaisselle. Ça consomme moins d’électricité et en plus on tient plus longtemps avec un plein de courses.

D’ailleurs saviez-vous que le gruyère rapé est moins cher au kilo dans les plus petits sachets ? Que les marques discount, ça remplit aussi bien l’estomac, même que des fois c’est bon ? Que 200g de lardons à 1,34€ ça peut faire 5 portions d’adulte ? Suffit de mettre 500g de pâtes pour tasser.

Aujourd’hui quand je vais chez quelqu’un et qu’il y a des yaourts de marque dans le frigo, je me dis « oh mon dieu, ils doivent être riches eux ».

Côté pile, je cuisine beaucoup plus. Parce que des produits locaux, ce n’est pas si cher, c’est sain et puis c’est bon. Parce que faire des gaufres, c’est facile et que ça fait exploser ma jauge de Chérie qui Déchire. Surtout avec une chantilly montée à la main « parce que tu le veux bien ».  

Côté pratique, saviez-vous qu’un fauteuil roulant, ça ne se range pas bien dans le coffre ou sur la banquette d’une petite voiture de fille ? Moi non plus. Mais ça, c’était avant.    

J’ai une grande voiture de femme(!) maintenant. J’en suis absolument fan. Je dis « salut beauté » quand elle me charme en ouvrant ses rétroviseurs toute seule. Quant au fauteuil, on disait que c’était dans la tête. Curieusement les antibiotiques ont marché sur la tête, ma moitié a reposé les pieds sur terre et le fauteuil a retrouvé la vitrine du magasin.

En 2014, j’ai dit « Je t’aime, je serais toujours là pour toi, je suis fière de toi », les yeux dans les yeux pendant que ce c****** de médecin prétentieux lui plantait une aiguille dans le dos et que mon cœur se déchirait en lambeaux. J’ai appris ce jour-là qu’il était possible d’avoir mal pour son âme sœur, mal à en devenir folle. A en cauchemarder la nuit, à en trembler encore, à ne plus voir la route mais ses yeux pleins de larmes sur le pare-brise. Que son regard à cet instant ne s’effacera jamais, il est imprimé au fer rouge sur mon cœur qui reste à vif, des mois après.

J’ai appris que les galères prennent la tête mais n’empêchent pas ces bouffées de bonheur qui jaillissent parfois d’un regard ou naissent d’un baiser plein de douceur. Ces petits riens qui font tout. 
Poser mes yeux sur son visage. 

En 2014, comme ça devenait un peu lourd tout ça, malgré tout, j’ai croisé une psychologue de l’autre côté de la barrière. Pour la première fois. Elle me coûte cher mais j’ai besoin d’elle. Pour démêler ma sale caboche de petite fille solide, pas si solide, fragile, grandie un peu trop vite.

2015 commence à peine. Je suis une bonne professionnelle et une bonne fille à marier parce que j’excelle en logistique domestique. J’ai cependant oublié d’être une fille et une grande-sœur qui déchirent. Une amie aussi. Je n’ai été là pour personne quand il l’aurait fallu et quand j’ai cru l’être, il faut croire que ce n’était pas de la bonne façon ou pas le bon moment.

Je crois que la psy a eu pitié de moi quand j’ai dit que je me vidais la tête en faisant le ménage. Aussi quand j’ai dit que j’avais plein d’amis, enfin de gens pour qui j’éprouvais beaucoup de tendresse, mais que sur internet et d’ailleurs je n’étais pas sûre – caliméro – que tous ceux à qui je pensais en aient pour moi – caliméro², à tel point que je n’ose plus parler par moment – calimérox.

En 2014, j’ai été chef de famille, médecin, infirmière, aide-soignante, maman-bis, taxi, cuisinière, femme de ménage, secrétaire personnelle, masseuse, comptable, en plus d’être une compagne qui déchire. J’ai été une grande sœur en carton, une amie qu’on n’avait pas envie de revoir ou qui n’avait pas envie de l’être.

En 2015, j’aimerais juste être moi et parfois ne rien faire.

Ou être là, sur twitter ou dans le monde réel, pour ceux qui ont su l’être pour moi les rares fois où j’ai réussi à appeler à l’aide.

Je vous aime.


Que cette année soit belle. 

5 commentaires:

herminesed a dit…

Tu m'as fait venir les larmes aux yeux.. Tu es une personne si belle, que 2015 t'apporte beaucoup de jolis bonheur, je t'envoie plein de pensées positives, que tu peux partager avec ta moitié.
Bisous doux ♥

C. a dit…

Les yeux mouillés. Que 2015 soit belle <3

Espee17 a dit…

Merci pour ce billet qui résonne chez moi...
Une belle année à vous....

crevettedemars a dit…

Je souhaite que votre année 2015 soit aussi belle que l'est votre texte ...
Plein d'ondes de courage, de douceur et de rayons de soleil ( il parait que 2015 est "l'année de la lumière " :) )

Anonyme a dit…

Je me décide à commenter, et je vois que je n'ai pas suivi la moitié de tes galères cette année... Que je viens seulement de comprendre que tu es une "maman-bis". Alors j'espère que l'année qui vient sera moins dure, malgré tout. Qu'elle soit belle, douce, et que les bonheurs soient si grands qu'on en oublie les peines. Bisous bisous bisous
Malgven

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