1 janvier 2014

Passer l'hiver entre leurs mains

Je voulais écrire un article. Un vrai. Thèse, anti-thèse, synthèse.

Quelques balbutiements de clavier plus tard, les mots s’enchaînent mal. Je reviens en arrière. Efface. Annule. Efface. Réécris. Reviens à la version précédente. Le message ne passe pas comme je voudrais. Il n’est d’ailleurs pas clair dans ma tête.

Que veulent-ils/Elles ? En quoi puis-je les soutenir ?

Pourquoi les sages-femmes râlent-elles tant ces derniers temps ?

Alors oui, grâce à twitter, j’en côtoie quelques uns/unes. J’en ai même rencontré. La timidité et le temps, qui m’a tant manqué, ces jours là plus que beaucoup d’autres, ne m’ont pas permis d’en savoir beaucoup plus.

J’ai de l’affection, sincère, pour ces personnes virtuelles que j’apprends à connaître par brides de 140 caractères. Des petites lichettes de vie privée, de questionnements professionnels, de partage, des blogs aussi, de petites pépites à lire si pour vous le temps ne manque.

Il ne suffit pas d’apprécier quelqu’un pour bien le défendre. Le vrai article je ne l’écrirai pas. Parce que je n’en suis pas capable. Et parce qu’il a déjà été écrit de la plus belle des manières.


Je viens de regarder ce film, dans sa version courte, diffusée ici.
Et mes mains tremblent encore.

J’ai beaucoup frissonné. Mon cœur dans ma poitrine s’est soulevé, souvent. Oui, j’assume, les larmes sont montées, une fois. Pourtant, dans ce film, pas de fioritures, jamais.

Pas de gros plans à rallonge sur des bébés trop mignons qui font de ce métier « l’un des plus cool du monde ». 

J’ai vibré. En écho. De toute cette douceur, toute cette pudeur, tout ce respect de l’autre, cette envie de bien faire, de bien-traitance, de prendre soin.

Ce film n’est pas qu’un plaidoyer pour les accouchements à domicile, mais un appel à la réflexion, de tout un chacun, pour défendre le droit, quelque soit l’endroit, de vouloir d’abord privilégier des accouchements physiologiques.  

Le respect de la volonté de l’autre, un peu plus de respect de la nature. De patience, d’acceptation de ce temps incompressible que peut prendre un enfant pour naître.

Accompagner.
Se remettre en question dans ce qui fait notre cœur de soignants pour être meilleurs.
Pour elles, pour eux.

C’est cette médecine là que je veux pour demain, pour moi, mes proches, tous.
Cette recherche de la juste distance thérapeutique entre intervention et abstention dans le respect absolu de l’autre. Une relation soignant-soigné équilibrée. Sans lutte de pouvoir. De la compréhension, mutelle. Un échange. Des explications. Une décision. Eclairée. Avec toutes les cartes en main. C’est avec des professionnels qui se posent ces questions que je veux travailler. C’est comme ça que je veux travailler moi. A mon échelle, dans mon domaine.

Et si développer cette façon de savoir-être et de savoir-soigner nécessite des ajustements juridiques-administratifs et statutaires, sachez mesdames-messieurs les sages-femmes, je suis de tout cœur avec vous.

L’hiver viendra, assurément, pour tout le système de santé si l’on continue de freiner ceux qui se battent pour défendre cette si juste façon d’exercer.

Ils/Elles sont ici, prenez le temps d’aller les découvrir :

Ils ont publié pour les défendre ou pour se défendre :
L’hiver vient par Orcrawn, NiSorcièreNiFée, Miss cigogne
Parait-il chez Ella et Valentin
Une braderie de fin d'année chez 10Lunes
Du soutien par DrKalee et Kalindea.
Un article plus ancien mais toujours juste chez Souristine




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